CENTRO CULTURAL SAN FRANCISCO SOLANO

Jacques Grieu * France

Né en moins


Du berceau à la mort, la durée paraît courte.

On cherche à l’allonger en zigzags sur la route…

Si pour la mort, on a trouvé quelques remèdes,

Pour dévier la naissance, on ne peut avoir d’aide.

Ce n’est pas par hasard, si Dieu, pour notre sort,

La naissance a placé pour tous, avant la mort.

Entre naissance et mort, il se passe cent choses,

Qui nous font et défont; dont nous créons les causes.

Le grand Corneille a dit: pour « les âmes bien nées

La valeur n’attend pas le nombre des années. »

A notre douce époque, hautement démocrate,

On peut se demander où va cette cantate!

Si le Cid était né en banlieue bien paumée,

Peut-être aurait-il fait des trafics mal famés.

La naissance n’est plus le guide majuscule,

Qui ferait qu’on dépend de quelque particule.

Le pauvre nouveau-né n’est plus prédestiné,

Et ses chances à venir ne sont jamais mort-nées.

Pourtant, (et né en moins), on peut aussi entendre,

Que sur les mots « bien nées » on pourrait se méprendre,

Et qu’ici les blasons, n’ont pas été lorgnés,

Pas plus que les barons, les ducs ou les lignées.

Pleurer sur nos naissances plutôt que sur nos morts?

On ne peut les choisir quelqu’un soient nos efforts.

La sous population qui guelte la planète,

Devrait des enfantements encourager la quête.

Les progrès de la science en réglant ces naissances,

Ont été dévoyés en facteurs de nuissance.

Si la grande indigence génère bien plus d’enfants,

La suppression des riches est système évident !

On cherche le bonheur comme aussi nos lunettes.

Et trop tard sur nos nez, on les voient en goguette.

La conscience de mort, l’Homme est seul à l’avoir,

Mais sur chaque naissance, il n’a guère de pouvoir.

De la fatalité, gardons-nous d’avoir peur,

Car la superstition, on sait, porte malheur.



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